lundi 21 décembre 2009

70 jours en Asie : le bilan

Premier séjour en Asie, première expérience de voyage en solo, premier déracinement complet de 2 mois et demie... Qu'y a-t-il à retenir?

L'INDE :

S'il est vrai que l'Inde est probablement un des pays les plus difficiles à apprivoiser, son souvenir me colle à la peau comme une odeur de curcuma.

Dans toute sa magie et son chaos, elle récompense immensément le visiteur capable de lâcher prise. À mon avis, c'est un exercice que tout être humain devrait tenter une fois dans sa vie, peu importe sous quelle forme.

LE NÉPAL :

Synonyme pour moi de retrouvailles avec Émilie, un des moments les plus forts de mon voyage, le Népal est beaucoup plus qu'un terrain de jeu pour "trekkers".

Impossible de rester indifférent à une culture aussi riche, ni au sourire de ses habitants. L'ambiance générale de ce pays me hante encore.

LA THAÏLANDE :

Pour la douceur de la vie, la beauté paysages (non mais, quelles plages!!) et la facilité à rencontrer d'autres voyageurs, je pense que ce pays devrait être en haut de la liste des destinations potentielles de pratiquement tout le monde que je connais.

Il y aurait tellement plus à dire sur ces 3 pays qui ont été, tour à tour, des territoires d'accueil pour moi. Disons juste que cet exercice de synthèse m'a aidé à formuler ce que je répondrai à la question : "comment a été ton voyage?" pendant le temps des fêtes...

lundi 14 décembre 2009

Ko Pha Ngan : le paradis existe

Avertissement : le message qui suit pourrait contenir des informations pouvant ne pas convenir a un public aux prises avec l'hiver quebecois.

Eaux cristallines variant de l'emeraude a l'indigo, plages impeccables au sable blanc, paysage sous-marin a couper le souffle, montagnes escarpees offrant des vues spectaculaires : Ko Pha Ngan est une carte postale animee.

Quand on pense qu'il est impossible de demander davantage, on realise qu'au dela de cette perfection visuelle, il y a plus.

Pour le prix d'une entree au cinema, vous pouvez dormir dans une charmante hutte a 2 pas de la mer, avec un hamac en prime. Pour plus d'action, essayez la plongee sous-marine, l'escalade, le trekking, le velo, etc. Vos muscles sont endoloris? Pourquoi ne pas vous payer un massage thailandais a 10$ pour une heure? (NB : je suis consciente que je sonne comme une annonce publicitaire, mais je n'ai pas ete payee pour ecrire ces lignes, promis!)

Ce n'est pas tout... Chaque soir, des DJs font resonner de gigantesques haut-parleurs sur la plage de Hat Rin, celebre pour ses "full-moon parties" qui attirent environ 20 000 a 30 000 personnes chaque mois. Si vous ne craignez pas les lendemains difficiles, laissez-vous tenter par une boisson tropicale (ou 2 ou 3!) servie dans une chaudiere (!) coloree. Si vous avez assez d'energie, vous pourrez ainsi feter jusqu'au lever du soleil...

Aujourd'hui, je quitte les iles pour debuter mon voyage de retour a la realite. Transit d'un jour a Bangkok, puis d'un jour a Mumbai, et finalement enweye-a-maison! C'est donc le debut de la fin...

mercredi 9 décembre 2009

La meduse dans son element

Ko Tao, une petite ile situee dans le golfe de la Thailande, est connue pour la beaute de ses recifs de coraux, l'abondance des animaux marins et pour l'excellente visibilite sous l'eau. (Jusqu'a 20 m si la temperature le permet).

Apres 4 jours de cours, de lectures, et d'examens, je suis maintenant certifiee pour la plongee sous-marine selon l'association PADI (Professional Association of Diving Instructors). Cela signifie que je peux faire du "open-water diving" partout dans le monde jusqu'a une profondeur de 18 metres.

Bien entendu, explorer les fonds marins est tout a fait fascinant, mais c'est l'experience de l'apesanteur qui m'a le plus impressionnee... Lorsqu'on enleve nos palmes, on peut faire toutes sortes d'acrobaties sous l'eau, comme mimer la fameuse scene du film The Matrix, par exemple. Quel trip!!

J'ai vu des baracudas, des muraines, un trigger-fish et une petite pieuvre rose. Tres tres cool.

dimanche 6 décembre 2009

Le nord et l'ouest de la Thailande en un clin d'oeil

Le plus beau : Les chutes du parc national d'Erawan (voir photos). S'elevant a quelques 1000 m et se divisant en 7 paliers, ces cascades forment des piscines naturelles d'eau turquoise entourees de palmiers et de fleurs sauvages. Si vous vous y baignez, des dizaines de poissons se jettent a vos pieds pour y grignotter les peaux mortes, soit l'equivalent humain du "beef jerky". Savoureux, car arome de fromage en prime.

Le plus triste : Le chemin de fer de la riviere Kwai et le cimetiere des prisonniers de guerre des forces alliees. Impossible de demeurer insensible aux horreurs endurees par de centaines de jeunes hommes pendant des annees de travaux forces.

Le plus bizarre : La preparation thailandaise a l'hiver (il fait quand meme 27-28 degres le jour...) Vetus de bas blancs a l'interieur de leurs gougounes, les Thailandais procedent a habiller les statues de bouddha de foulards, robes et manteaux. C'est tellement plus bizarre que de decorer un sapin de Noel, non?

Le plus "over-rated" : Les balades a dos d'elephant. Peu confortables et hautement flatulentes, ces pauvres betes sont souvent traitees de facon douteuse par leurs maitres.

Le plus "under-rated" : La qualite du service a bord des autobus locaux. Pour environ 3 dollars, vous pouvez faire un trajet de 200km a bord d'un autobus voyageur des plus modernes, avec presentation d'un film en bonus. La cerise sur le sundae? Il y a l'equivalent des hotesses de l'air a bord du vehicule! Presentation d'un video sur la securite en debut de voyage (je suis fiere de vous annoncer que je sais maintenant comment briser un gros chassis en plexiglass!), service de repas et de rafraichissements inclus... Il manquait juste un massage thailandais!

Apres 2 semaines et demie dans le nord de la Thailande, je viens d'arriver a Ko Tao (une des fameuses iles paradisiaques situees dans l'archipel de Samui). Je debute ma certification PADI ce soir. A suivre...



lundi 30 novembre 2009

Le tourisme culturel comme frein a l'evolution?

Durant mes 3 jours de trek dans la jungle montagneuse du nord de la Thailande, j'ai eu l'occasion de dormir sur le sol des huttes situees dans les "hill tribe villages" (aussi appelees "hell-tribe villages" sur certaines affiches promotionnelles dont l'orthographe anglais est de qualite douteuse!)

Un "hill tribe" est une tribu issue des descendants de populations ayant emigre de la Chine et du Tibet durant les siecles derniers. Ils habitent maintenant les regions isolees en bordure de la Thailande, du Myanmar et du Laos. Les 6 tribus principales sont les Akha, les Lahu, les Karen (celebres pour les femmes au long cou), les Hmong et les Lisu.

Ces communautes parlent toutes un dialecte qui leur est propre, vivent comme au moyen-age, mangent de la viande de chien (le St-Bernard etant la variete plus recherchee), se reproduisent entre cousins et pratiquent des cultes similaires au voodoo. Certains fument encore de l'opium a longueur de journee.

Vu l'engouement grandissant pour le tourisme culturel en Thailande, le gouvernement a choisi d'offrir des subventions a ces villages afin qu'ils puissent continuer a vivre selon leurs coutumes anciennes, garantissant ainsi une affluence de touristes dans la region.

Ma premiere question est la suivante : croyez-vous que le gouvernement aide ces gens en leur permettant de survivre "artificiellement" dans de telles conditions?

Ma deuxieme question est la suivante : que pensez-vous que ca goute, du chien?

mercredi 25 novembre 2009

Aujourd'hui Chiang Mai, demain Chiang Rai

Apres avoir passe quelques jours a Bangkok, puis a Chiang Mai, je suis prete a donner mes impressions de la Thailande jusqu'a present...

Le paysage : vegetation tropicale, montagnes, villages charmants et temples bouddhistes partout. Fait etrange : ils ont un fetiche pour la couleur rose nanane. Meubles, taxis, uniformes d'ecoliers... tout semble appartenir a fraisinette.

Les gens : sympathiques et discrets, par opposition aux touristes en bedaine qui boivent de la biere en pleine rue a toute heure du jour. Comme l'industrie du tourisme est en pleine effervescence, la veritable culture Thai est difficile a saisir. J'espere pouvoir vous en dire davantage dans quelques jours, apres mon trek autour du triangle d'or.

La nourriture : des fruits, des fruits, des fruits!!! Je ne savais pas qu'il existait une telle variete sur notre planete. Le matin, le parfum du riz au jasmin nous reveille et le soir, les multiples "stands" offrant grillades et nouilles frites nous interpellent. Tout est delicieux, mais donne le va-vite.

J'ai participe a un cours de cuisine aujourd'hui (le prof etait le travesti "la plus belle" que je n'avais jamais vue - ceux qui etaient a San Francisco avec moi ont vu un exemple du meme genre, mais en moins charmant).

A mon retour, j'invite tout le monde a un festin Thai!

vendredi 20 novembre 2009

Bangkok : choc culturel inverse

Bourree de pad-thai, un coup de soleil au visage et une repousse de cheveux pales qui commence a paraitre, je profite de ma 3e journee a Bangkok. Pour la premiere vois depuis mon depart de Montreal, je realise que voyager peut etre facile et confortable.

Ce retour a la "civilisation" fut bien merite, puisque j'ai du transiter par Mumbai pendant 24 heures a mon retour de Kathmandu, puis prendre un vol de nuit assez penible. L'avion etait rempli d'Indiens en etat d'ebriete, car la compagnie Air India a eu la brillante idee de servir du whisky a bord. Impossible de fermer l'oeil. Ceux qui disent que "l'alcool, c'est mal" ont tout a fait raison.

Dans le taxi thailandais rose fluo, j'ai vecu un choc culturel inverse.

Habituee a une conduite automobile qui donnait tout son sens a l'expression "la valeur de la vie n'est pas la meme en Inde", je fus presque decue de voir le chauffeur respecter le code de la route. J'avais envie de lui proposer de rouler dans l'accotement : il n'y a rien de mieux pour depasser le traffic et faire couler un peu d'adrenaline a l'indienne!

Ultra-moderne, propre et ordonnee, Bangkok est une ville agreable a visiter. Et je ne suis pas la seule a le trouver : les hordes de touristes se promenant "gaiement" dans les rues en temoignent bien.

Ames sensibles s'abstenir!

Maintenant que je ne suis plus dans un pays en developpement, je peux devoiler mon "top-10 des moments perturbants" de voyage (sans craindre d'inquieter inutilement maman et papa).

10- Utiliser le service de buanderie du guesthouse et realiser que non seulement mes vetements sentent encore le "swing", mais qu'ils ont en plus absorbe une vague odeur de roti d'agneau.

9- Etre invitee a souper dans une famille indienne, pour me faire servir par un garcon de 7 ans, nu-pieds et mal habille. Lorsque j'ai demande son nom, ils m'ont dit de l'appeler simplement "little boy". J'ai ensuite compris qu'il s'agissait d'un membre d'une caste inferieure et que sa destinee etait de demeurer a leur service toute sa vie.

8- En sortant de l'autobus, me faire entourer par une maree incroyable d'enfants aux yeux maquilles de noir qui essayaient d'ouvrir mon sac a dos, s'accrochaient a mes bras, saisissaient mon appareil-photo et mettaient les mains dans mes poches en m'appelant "madame rupie".

7- Observer une femme ramasser de la bouse de vache et la petrir de maniere a former des galettes parfaites qui serviront de combustible. (PS : les Indiens mangent avec leurs mains).

6- Voir des chiens errants avec la peau en lambeaux ou les yeux sortis de leur "socket" qui deambulaient les rues.

5- Acheter une bouteille d'eau de source, en boire la moitie pour realiser ensuite qu'elle etait de couleur brunatre en la comparant a une autre bouteille. (PS : toujours verifier si les bouteilles sont scellees!!)

4- Me battre pour enlever les sangsues collees a mes chevilles apres une marche dans la jungle.

3- Prendre une bouchee de mon veggie-burger et croquer quelque chose qui rappelle une arrete de poisson, pour constater qu'il s'agissait d'une epingle rouillee. (Imaginez si je l'avais avalee...)

2- Me faire suivre par 3 chiens errants sur la plage de Goa qui me mordillaient les chevilles en jappant, les babines bien relevees. En vraie guerriere, j'ai reussi a les chasser en simulant des coups de baton et en leur criant des insanites.

1- Voici sans-contredit le pire moment de mon voyage : lorsque je me suis evanouie dans le metro de Delhi a cause de la fatigue, de la deshydratation et de la pollution. J'ai repris connaissance par terre, mes baggages eparpilles autour de moi et entouree d'innombrables inconnus... I praise the lord to be alive.

Alors voila! Mais la bonne nouvelle, c'est que tout cela est derriere moi et que je ne regrette rien. Malgre tout, je garde une impression positive de mon voyage. Certaines personnes que j'ai rencontrees ont des histoires encore plus extremes, sans farces!

lundi 16 novembre 2009

Le "REAL" backpacker

Au Nepal, j'ai eu droit a un coup d'oeil privilegie sur l'univers secret et mysterieux des "backpackers".

Bienvenue dans un monde ou votre valeur est determinee par le poids de votres sac a dos; la legerete de celui-ci etant un gage de respect. Si vous avez la naivete de payer plus que 10$ US la nuit pour votre "hostel" et que vos vetements sont assortis (ou propres!), vous pouvez bien retourner chez vous.

Seuls les individus a la capacite surhumaine de passer 12 heures dans un autobus local sans toilette pour faire 300km auront droit au titre exclusif de "backpackers". Bien entendu, des points supplementaires sont octroyes a ceux qui font le voyage sur le toit du vehicule en question.

Un backpacker ne paie jamais le prix indique, il faut TOUJOURS negocier : du prix d'un tour de velo-rickshaw jusqu'a la valeur d'un rouleau de papier de toilette. C'est une question d'honneur. Habitue des douches froides, des toilettes dignes de celles d'une prison medievale et de la nourriture bon-marche, le backpacker n'hesite pas a discuter des activites de ses intestins autour d'une biere locale.

Ces neo-gypsies venus d'Europe ou d'Amerique remplissent cafes-internets, restaurants et bars pour parler de leur periple ou planifier leur prochaine aventure. Derriere leur semblant de nonchalance se cache un esprit de competition : qui osera aller le plus au-dela des sentiers battus? Qui aura les photos les plus extraordinaires ou les anecdotes les plus absurdes?

mercredi 11 novembre 2009

Croisements religieux

A votre avis, quelle est la religion predominante au Nepal : l'hindouisme ou le bouddhisme? Les deux semblent tellement omnipresentes...

Depuis que je suis ici, je cherche a connaitre la reponse a cette question, sans succes. Le Lonely Planet ou autres guides ne se prononcent pas, les gens a qui je pose la question me regardent de facon perplexe et l'affiliation officielle des temples est difficile a determiner.

C'est que ces 2 religions se cotoient si intimement au Nepal, qu'elles se sont influencees mutuellement. Un temple bouddhiste nepalais peut tres souvent heberger quelques statues de Shiva ou de Ganesh a cote du stupa et personne ne s'en formalise. C'est normal.

Ca me fait realiser de facon frappante a quel point les rituels religieux sont la reflexion de la culture environnante et non du message religieux lui-meme.

Par exemple, en Inde, il fallait enlever nos souliers dans les eglises catholiques, tout comme dans les temples hindus.

Qui a l'autorite pour decider ca? Faudrait que quelqu'un m'explique.

Demain, je mets l'aspect culturel et religieux de cote, car nous partons pour une expedition a travers le parc national de Chitwan pour quelques jours.

lundi 9 novembre 2009

Kathmandu

Wow... les 3 derniers jours passes a Kathmandu avec Emilie ont ete tout simplement exaltants!

Apres l'Inde, le Nepal represente un havre de tranquilite, de civilisation et de proprete plus que bienvenu. Et je ne suis meme pas sortie de la grosse ville encore!

Chaque coin de cette ville cache des tresors anciens, des merveilles architecturales et des oeuvres d'art a faire palir de jalousie l'amateure qui sommeille en moi. Il fait 25 degres le jour et 10 degres la nuit. La perfection.

Nous mangeons des momos dans chaque "rooftop restaurant" qu'on voit, en buvant la biere "Everest" et en contemplant la chaine de montagnes la plus hallucinante du monde. Le bonheur.

samedi 7 novembre 2009

Le Nepal : premieres impressions

Les Himalayas comme paysage lointain. Des touristes "tree-huggers" vetus de North Face comme paysage rapproche.

Mon guest-house tout mignon a 8$ la nuit, situe tout pres des restaurants, cafes, librairies. Des gens locaux discrets et polis.

Photos promises demain!

mercredi 4 novembre 2009

Enfin, ma propre photo du Taj Mahal !

Voyager en Inde : le feriez-vous?

A mon avis, pour apprecier un voyage en Inde, il faut etre pret a certaines choses...

1- Sacrifier l'idee meme de la proprete et de l'espace personnel.

2- Remplacer la colere par la patience. C'est le point le plus difficile, car chaque jour on peut trouver de nouvelles raisons de s'enrager contre ce pays et les gens qui y vivent... Apres un certain temps, on realise que c'est inutile de resister. Il n'y a tout simplement pas d'espace pour se facher. Cette emotion ne leur semble pas familiere, de toute facon.

3- Accepter d'etre soi-meme un spectacle constant. Je vois cela comme la taxe a mon propre voyeurisme. (Mais quel paradis de la photographie!!!)

4- Accepter d'avoir regulierement des conversations denuees de toute logique. En voici un exemple...

touriste occidentale : "Can you Indian people ever say no?"
Indien(ne) : "Yes, madam."
touriste occidentale : "Then say it please!"
Indien(ne) : "Yes, madam."

5- Avoir le sens de l'humour : l'Inde ne manque pas d'occasions de se dilater la rate, croyez-moi! Dans quel autre pays verrez-vous des hommes dont le prenom est "Manmeet"? Que repondre a un diseur de bonne aventure qui vous offre un "hand job" en voulant simplement lire l'avenir dans la paume de votre main? Tout simplement pissant.

S'il est impossible pour vous de concevoir de mettre en application ces 5 principes de base, vous pouvez toujours venir en Inde, mais vous risquez de proclamer : "I'll Never Do It Again!"


Un mois en Inde : le bilan

Apres pres de 30 jours en Inde, je m'envolerai vers le Nepal. Je serai donc a Kathmandu le 7 novembre, ce qui mettra fin a mon sejour au pays des contradictions, du cricket et des vaches sacrees.

Assise sur mon balcon a Udaipur, j'observe le majestueux palais situe sur l'autre rive du lac Pichola. Des femmes en saris colores lavent leurs vetements quelques etages plus bas a grands coups de baton, le rythme s'harmonisant aux chants provenant du temple hindu quelques metres plus loin.

Le bruit de klaxons laisse deviner la frenesie du centre-ville qui abrite vendeurs d'epices, de soie, de samosas et d'a peu pres tout ce qu'on peut imaginer. Une perruche sauvage se pose pres de moi et m'observe attentivement, ce qui rappelle le comportement des Indiens qui ne comprennent pas le concept de "se garder une petite gene".

Dans l'air, on decele un melange d'odeurs se declinant sur les themes suivants : cardamome, diesel, jasmin, fumee de bouse de vache sechee (servant a chauffer les maisons des pauvres), gingembre, vapeurs des egouts, friture et encens au patchouli.

Ici a Udaipur, je me repose pour la premiere fois depuis que je me trouve dans le nord du pays.

Je ne vous le cacherai pas, l'Inde est extremement epuisante a visiter. Les mendiants, la pollution, la surpopulation, le manque d'efficacite et d'organisation en general, et SURTOUT la persistance des marchands de toutes sortes peuvent faire oublier la beaute du Taj Mahal, du fort de Jaipur ou des temples de Madurai.

Car ici, opulentes merveilles cotoient horreurs inimaginables. Spiritualite, philosophie du contentement et absence de cynisme se heurtent a la modernisation et a la societe de consommation.

Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de difficulte a composer ce message recapitulatif. Pourquoi? Parce que l'Inde se vit, elle ne se decrit pas. Vous pouvez bien quitter l'Inde, mais elle, elle ne vous quittera jamais.

mercredi 28 octobre 2009

Le Gange : fleuve sacre

Selon les historiens, Varanasi serait la ville la plus ancienne du monde, parmi les villes encore vivantes. Vous avez sans doute deja vu les images de ces milliers d'hindous se baignant dans les eaux sacrees du Gange, long fleuve issu des Himalayas.

Pour etre honnete, mon sejour en ce lieu mythique m'a foutu la chair de poule. Je ne suis tout simplement pas habituee a un contact aussi impudique entre la vie et la mort.

Ce qu'il faut savoir sur le Gange :
1-Des pretres incinerent chaque jour le corps de defunts en les aspergeant de Ghee (beurre clarifie) et dispersent ensuite les cendres dans l'eau.
2- Comme certains os humains brulent plus difficilement que d'autres, on peut apercevoir, par exemple, des parties de cage thoracique ou d'os du bassin flotter a la surface.
3- Des vaches, singes, chiens, chats et rats s'y soulagent allegrement.
4- Des milliers de personnes se lavent et pratiquent le yoga dans cette eau (lorsque quelqu'un fait l'etoile, on pourrait croire que c'est un cadavre!)
5- Certains vont meme jusqu'a boire l'eau du Gange pour ses qualites purificatrices (en tout cas, je suis sure qu'elle a des vertus purgatives).
6- Des malades atteints d'infections de la peau y demeurent suberges dans l'espoir de guerir.
7- Ce matin, j'ai vu un pecheur en sortir plusieurs poissons, qu'il a ensuite apportes au marche pour etre vendus.
8- Des bateaux a moteurs sillonnent la rive sans arret.

Fait etrange : l'eau est opaque et grise, mais elle ne sent rien. C'est a se demander ce qu'on a fait au fleuve St-Laurent pour que son odeur soit aussi nauseabonde!

mardi 27 octobre 2009

Sleeper train to Varanasi

Lorsque j'ai fait la reservation pour un billet de train en 2e classe avec air climatisee et couchette, je m'attendais a avoir une chambre avec les 3 autres femmes avec qui je voyageais. Je croyais que nous aurions une porte qui assurerait un peu d'intimite. Je me suis trompee.

A l'embarquement, nous remaquons que les "lits" sont des especes de bancs en vinyle alignes le long du passage. Nous n'avions pas de chambre, pas de porte, pas de place. Nous n'etions meme pas dans la meme section du train!

Tout etait sombre. En regardant mes voisins de lit, j'avais envie de pleurer. Je venais de m'embarquer pour un voyage de nuit de 14 heures reliant Delhi a Varanasi.

Apres avoir cadenasse lourdement mon backpack de 65 litres sur un pole, je decide d'utiliser la toilette. Un simple trou dans le sol, afin d'arroser directement les rails. Charmant.

Vers 22h, j'essaie de dormir. Les heures passent, je somnole par-ci et par-la... FINALEMENT, a 10h00, nous arrivons a Varanasi. Je suis saine et sauve.

On dit qu'aucun voyage en Inde n'est complet sans un voyage en train. Je suis d'accord. C'est extremement typique et immersif, mais une fois que c'est fait, on ne veut plus le refaire, croyez-moi.

dimanche 25 octobre 2009

L'appareil photo

Chaque jour, je prends des gens en photo. Eux aussi, lorsque l'occasion se presente, saisissent des cliches de moi.

Nul besoin d'echanger un mot, tout a ete dit. Tant de signification dans le seul acte de viser l'objectif et d'appuyer.

vendredi 23 octobre 2009

17 jours et 200ml de Purell plus tard... le Rajasthan

Apres un tour assez exhaustif du sud de l'Inde, me voici a Delhi, prete a visiter le nord. Au programme : Varanasi, Khajuraho, Orchha, Jaipur et Udaipur. Ca promet.

Je suis arrivee a Delhi il y a quelques heures a peine. Durant le vol, j'ai eu la joie de cotoyer une femme en burka et son mari. Ce fut un peu perturbant.

Il s'agissait d'un avion avec des sieges disposes 3 par 3. La place qui m'etait assignee etait a cote de ce charmant monsieur, sa femme etant assise pres du hublot. Des que je suis arrivee, j'ai vu la terreur se dessiner dans les yeux de l'homme. Il s'est leve immediatement et a demande a sa femme de s'asseoir au milieu, soit a cote de moi, l'occidentale impure.

Le vol s'est deroule sans heurts, puisque monsieur priait sans arret. J'ai meme eu droit a un spectacle gratuit : observer cette pauvre femme essayer de boire son cafe a travers ce drap au minuscule moustiquaire.

Mais monsieur a quand meme su montrer son cote tendre : il lui a fait manger des cashews en les lui tendant un par un... sous la tente!

Demain, je promets de photos. Impossible a l'endroit ou je suis actuellement :(

White Beauty

Ma publicite indienne preferee?

L'annonce debute comme suit : un artiste peint le portrait d'une suberbe femme indienne a la peau foncee. Au fur et a mesure que son travail progresse, le peintre se surprend a utiliser de plus en plus de peinture blanche pour reproduire le teint de son modele. Son regard ardent nous indique qu'il est seduit.

La femme sourit alors a la camera et devoile son secret : elle utilise la creme blanchissante pour la peau commercialisee par Pond's. (Dove, Vaseline, Olay, et cie produisent aussi ce genre de magie en bouteille.)

Quand je pense que ces memes compagnies commercialisent des autobronzants chez nous, je me pose la question suivante : serons-nous enfin satisfaits de notre apparence lorsque le metissage de l'humanite sera complet?

Le contentement esthetique existera-t-il lorsque nous serons tous uniformement beiges?

mardi 20 octobre 2009

Sous-culture du tourisme

Vous savez ces boutiques pour touristes dans le Vieux-Montreal qui vendent mocassins, sirop d'erable et T-shirts "made in Hong Kong" portant l'effigie du drapeau canadien? Ce sont des "cossins" que les quebecois n'acheteraient jamais, mais qui representent une bonne partie de l'image que les touristes ramenent chez eux..

Un exemple indien de cette "sous-culture du tourisme" serait l'experience du massage ayurvedique que j'ai recu a Kumily, dans le Kerala. Des hippies viennent de chaque coin de la planete en quete de ces traitements aux huiles aromatisees d'herbes medicinales. A 550 rupies (12$) pour 1 heure, je me suis laissee tenter. Erreur.

Pour commencer, j'entre dans la piece et je rencontre la massotherapeute. Elle a environ 16-17 ans. Deja, ca part mal. Puis cette enfant me dit "madam, take your clothes off" et elle reste la a me regarder. Hum hum. Je ne relaxe pas pentoute. S'en suit un badigeonnage de graisse qui dure une heure. Je suis pas mal certaine que je l'ai entendue roter a quelques reprises. Puis finalement, je sors de la completement stressee, huileuse et sentant comme La Belle Province.

Apres avoir decrit mon experience a des Indiennes du coin, elles ne peuvent s'empecher de pouffer de rire. Ca n'a rien d'Indien, ce massage, me disent-elles. Seuls les touristes se paient ce genre de chose!

Je suis une belle dinde. (bien graissee)

vendredi 16 octobre 2009

Happy Diwali!

Ce soir, je vais souper sur le toit d'un immeuble pour observer les feux d'artifices du nouvel an Indien (le Diwali). Ils sont rendus en 2060 environ.

A date, la seule maladie que j'ai attrapee en Inde est l'obsession de la photo. Je ne me controle plus.

jeudi 15 octobre 2009

Droleries indiennes

1- Lorsqu'ils ecrivent le mot "coupon" en anglais, ils utilisent l'orthographe suivant : "cooppan". Ben oui, ca s'ecrit comme ca se prononce.

2- Les pantalons de MC Hammer et les pareos pour hommes sont tres tendance ici.

3- Sur la rue, il y a plusieurs "laveurs d'oreille" qui vous proposent un nettoyage interne a la cire chaude moyennant 30 rupies. A ce prix-la, comment resister?

4- On peut souvent voir 2 hommes indiens (en pareo) se tenir la main en marchant. Detrompez-vous, ce ne sont pas des gais, juste des amis. Par opposition, vous ne verrez jamais un homme et une femme faire de meme.

Controlled Chaos

Pour l'observateur neophyte, l'Inde peut sembler comme un gros bordel. Par contre, lorsqu'on regarde de plus pres, on constate que leur systeme est loin d'etre illogique.

Prenons l'exemple de leur conduite automobile. Voitures, rickshaws, motos, autobus, velos, vaches sacrees, cochons, pietons : tout ce beau monde partage les memes routes. L'usage du klaxon est compulsive et la densite du traffic porte a croire que le taux d'accident doit etre extremement eleve. Ce n'est pas le cas.

C'est qu'il existe ici un espece de code entre conducteurs dont la base est l'anticipation. Ce peuple a une patience etonnante et une capacite profonde a se mettre a la place des autres. S'ils klaxonnent, c'est par mesure de securite. Afin de prevenir l'autre de leur presence a une vitesse superieure. Celui-ci se range donc sur l'acottement pour laisser passer le klaxonneur.

Le klaxon porte la signification "excusez-moi, mon cher ami, mais je ne veux pas vous nuire" plutot que "va donc &*%^#, maudit moron!!!"

La vitesse excessive, l'alcool au volant, le road rage sont des problemes tres rares en Inde. Ce que nous appelons fierement "l'ordre" n'est qu'une illusion, a mon avis.

mardi 13 octobre 2009

Le tsunami archeologue

Le celebre Tsunami de 2004 n'aurait pas fait seulement des dommages materiels dans la region de la baie de Bengale.

Il semblerait que les vestiges d'un temple vieux de plus de 13 siecles auraient ete exhumes par les courants violents ayant balaye la region de la baie de Bengale. Les archeologues ignoraient son existence jusqu'a sa decouverte fortuite il y a 5 ans! Inutile de vous dire que bien des illumine(e)s y voient autre chose qu'un hasard... ouuu....

lundi 12 octobre 2009

Epiphanie ou Hippie finie?

L'Inde a un drole d'effet sur les gens, je ne vous le cacherai pas. Peut-etre que la fumee d'encens me monte a la tete, mais c'est difficile de ne pas virer "New Age" ici, je vous jure.

La difference entre les mendiants de San Francisco et ceux de l'Inde est enorme. Si les itinerants d'Amerique ont souvent un trouble psychiatrique ou sont toxicomanes, ici les pauvres sont mentalement adequats, souvent plus qu'on ose le croire. Ils se contentent de peu de choses et reussissent a etre heureux. La solitude n'existe pas.

Impossible d'etre depressif ici.

Aujourd'hui, j'ai pris l'avion pour me rendre dans l'etat du Tamil Nadu, pour m'installer dans un resort au bord de la mer. Je me trouve donc parmi les Tamouls (je ne savais pas vraiment ce que c'etait, un Tamoul, avant de faire ce voyage.) Demain, mon programme est de visiter un temple bouddhiste en matinee, puis de me faire bronzer a la plage et a la piscine.

Impossible d'etre depressif ici.

samedi 10 octobre 2009

Les vautours au service des riches defunts

Fait troublant...

Il existe a Mumbai une communaute Parsi (descendants des Perses) minoritaire, mais tres prospere. Parmi ceux-ci, on compte la celebre et richissime famille Tata.

Selon leurs rites religieux traditionnels, ils doivent livrer leurs cadavres aux animaux de proie, afin de ne souiller ni la terre, ni le feu (?!) Au milieu de la ville s'elevent les Tours du Silence de la communaute Parsi, sur lesquelles ils deposent les defunts prealablement nettoyes a l'urine de boeuf (parce que ca, c'est tres pur) et prets a etre devores par d'enormes vautours.

C'est bien beau tout ce charmant manege, mais il y a quelques problemes... Les habitants du coin s'etant plaint des odeurs, ils ont mis des paneaux solaires pour accelerer la decomposition des depouilles. Mmmmm....

Si vous vous promenez a Mumbai, dites-vous que vous risquez de recevoir un bras ou un pied sur la tete si vous avez affaire a des vautours paresseux et peu qualifies pour la tache!!

vendredi 9 octobre 2009

Premiere journee entiere en Inde

Wow, j'adore Mumbai.

Le soleil, les parcs magnifiques, le the chai, les maisons victoriennes, l'ambiance festive dans les rues jusqu'a tard en soiree... Les Indiens sont vraiment gentils, respectueux et souriants malgre leur pauvrete.

Je commence a sentir la frenesie du voyage. Tres cool.

Le choc initial

J'avais ete avertie : le premier contact avec l'Inde provoquerait un choc important. A part la chaleur, la fatigue et la quantite massive de personnes partout, ce n'est pas aussi choquant que j'apprehendais. La ville est plutot belle, meme : entouree de plages au sable blanc et de palmiers. L'heritage britannique est palpable, au niveau architectural. Mais c'est sale! Des dechets partout, les vaches sacrees qui se delectent d'un fond de sac de chips (ce sont les mouettes de l'inde), les excrements des milliers de chiens errants...

Donc mon verdict : un choc? Non, pas a ce point.

Reflexions sur le mot choc...
Avez-vous deja remarque que plusieurs Quebecois disent 'choquer' pour signifier 'facher'? Serions-nous un peuple qui ne peut repondre a des evenements inattendus par autre chose que de la colere? Ou serait-ce le contraire : reprimons-nous la colere au point de considerer comme un choc l'expression de celle-ci?

mardi 6 octobre 2009

La veille du départ

Demain, je m'envole.
Il était temps. Je suis bizarrement calme.

Mes cheveux sont noirs. Ça a sorti beaucoup plus foncé que je ne l'aurais voulu, ce truc-là.

dimanche 27 septembre 2009

10 jours avant l'inévitable

Chaque minute qui passe m'approche du moment fatidique où ce rêve fou se transformera en réalité.

Pafois, je peux imaginer ce que ressentent les condamnés à mort. Je sens l'urgence de profiter de ces choses qui me manqueront sans doute. Sentir la fraîcheur de la brise d'automne. M'émouvoir devant l'accent québécois si charmant. M'imprégner du sourire des gens que j'aime. Boire un verre d'eau du robinet.

Matériellement, tout est en place : mes baggages, mes vaccins, mes papiers. J'ai lu sur l'Inde et l'Asie du sud-est ad nauseam. Malgré toute cette préparation, je me demande : peut-on réellement être prêt à un tel saut dans le vide?